A la Une de la presse, ce mardi 15 septembre, l’envolée des cours du pétrole, provoquée par la paralysie du détroit d’Ormuz et l’offensive des Houthis en mer rouge. Le mariage de Donald Trump Junior financé par un «homme d’affaires» russe proche du Kremlin. La mobilisation, en France, pour demander plus de moyens face au changement climatique. La controverse, en Israël, autour du documentaire «Naza». Un (nouveau) scandale autour de l’actrice Sydney Sweeney. Et les bienfaits de la lecture.
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A la Une de la presse, l’envolée des cours du pétrole, provoquée par la paralysie du détroit d’Ormuz et l’offensive des Houthis en mer rouge.
«Le baril flambe, Trump flanche»: Libération s’alarme face à une crise qui «gonfle le prix du baril», avec un prix moyen du diesel dépassant, pour la première fois de son histoire, les 6 dollars le gallon aux Etats-Unis. Une crise qui nourrit, en France, des appels à la mobilisation contre la vie chère, au point que certains évoquent déjà un retour des «gilets jaunes» le mois prochain. Une crise qui fait tache d’huile, notamment en Syrie, où les manifestations atteignent Idleb, Alep, Hama et Homs, «prenant de court» le président Ahmad el-Chareh, d’après le libanais L’Orient Le Jour. Un contexte qui explique sans doute la décision, annoncée hier par l’Administration Trump, de mettre fin aux limites d’émissions polluantes imposées aux centrales électriques pour faire baisser les prix de l’énergie aux Etats-Unis - une décision «à rebours des recommandations de la lutte contre le changement climatique», rappelle The Washington Post.
Les Etats-Unis, où Propublica révèle que le mariage de Donald Trump Junior, en mai dernier, a été financé par un homme d’affaires russe. Le site d’investigation indépendant affirme que les festivités, luxueuses, sur deux îles privées des Bahamas ont été financées à hauteur de «plusieurs centaines de milliers de dollars» par un homme d’affaires russe peu connu du grand public, mais proche des cercles du pouvoir à Moscou. Cet individu au pedigree édifiant, s’appelle aujourd’hui «Umar Kremlev», un nom adopté en 2010 pour faire oublier plusieurs condamnations pénales, notamment pour coups et blessures et extorsion. «Umar Kremlev» dirige la controversée fédération de boxe International Boxing Association depuis 2020, date à partir de laquelle le géant russe Gazprom est devenu le partenaire privilégié de l’association - des faits d’armes qui lui ont valu, au passage, d’être décoré par le président Poutine en personne de l’ordre de l’Amitié en avril dernier.
Dans la presse, également, les manifestations, aujourd’hui, à Paris, pour demander plus de moyens en faveur de l’adaptation au changement climatique. Après les vagues de chaleur de cet été, L’Humanité annonce un «retour de flamme» pour «relancer le combat», demander des moyens pour s’adapter mais également atténuer le changement climatique - un «combat» porté par les organisations de défense de l’environnement, mais aussi par des syndicats de pompiers, de médecins, et de professeurs. La Croix évoque «la peur de l’amnésie écologique», alors que l’enveloppe de 60 millions d’euros annoncée fin juin pour accélérer la rénovation thermique des écoles a été amputée de 40 millions d’euros à peine la rentrée passée. A propos d’école et d’environnement, toujours, Le Monde relaie une étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales suggérant que la pollution de l’air peut expliquer jusqu’à 25 % de l’écart de réussite aux examens entre les élèves défavorisés et les autres.
En Israël, le documentaire «Naza» primé à Venise provoque une vive polémique depuis plusieurs jours. Ce documentaire sur les civils tués par l'armée israélienne à Gaza réalisé par les réalisateurs israéliens Rachel Szor et Yuval Abraham, a déclenché un tollé au sein de la classe politique. Le ministre de la Culture demande la déchéance de leur nationalité. Le quotidien de gauche Haaretz semble divisé. Le journal appelle Israël à «cesser de donner des leçons aux cinéastes de «Naza»», l’acronyme de l’armée israélienne pour désigner les civils considérés comme des victimes collatérales des bombardements contre le Hamas, et à «laisser la presse faire son travail à Gaza». Mais Haaretz publie aussi un autre point du vue regrettant le manque, dans ce documentaire, de «détails factuels vérifiables», de contextualisation, ou encore la façon dont ce film semble «balayer d’un revers de main» l’utilisation, par le Hamas, de civils comme boucliers humains - des défauts qui nuisent à «sa crédibilité journalistique», «au risque de s'aliéner les Israéliens qu'il cherche à atteindre». A noter aussi ce matin sur le sujet du conflit israélo-palestinien, la tribune, dans The Wall Street Journal, du ministre des Affaires étrangères français. Jean-Noël Barrot réaffirme le soutien de Paris à la solution à deux Etats. «Sans démocratie pour les Palestiniens, martèle-t-il, il n'y aura pas de paix au Moyen-Orient».
D’une polémique à l’autre. Dans un registre moins dramatique, toutefois, le scandale déclenché par une pub pour une plateforme de paris sportifs en ligne montrant Sydney Sweeney dénudée. L’actrice américaine, par ailleurs actionnaire de ladite plateforme, apparaît dans le plus simple appareil, à peine couverte par des ballons de foot ou des raquettes de tennis – d’où le jeu de mots assez intraduisible du Daily Star sur le «piège» formé par les parties les plus saillantes de son anatomie. L’actrice, habituellement peu avare de sa plastique, qui avait déjà déclenché la polémique après une pub pour des jeans associée à un appel à l'eugénisme, est-elle cette fois «allée trop loin?», s’interroge The Times. De nombreuses athlètes de haut niveau, dont la sprinteuse britannique Amy Hunen fustigent une «sexualisation» du sport féminin. Cité par The Guardian, un consultant en relations publiques résume l’affaire à sa manière: «Le sexe fait toujours vendre. Et l'indignation, le débat sur la guerre culturelle, apportent quelque chose en plus: une audience énorme».
Une audience énorme - à l’inverse de la lecture, en chute libre à-travers le monde. Et pourtant, lire, c’est si bon, y compris pour la santé. Ce n’est pas moi qui le dis, mais une étude de l'Université de Cambridge relayée par The Times, qui affirme que peu importe «ce que nous lisons ou comment nous lisons», «s'asseoir avec un livre apporte une meilleure santé et une meilleure capacité à résoudre les problèmes». Autrement dit, tout est bon de la lecture, qu’il s’agisse de «La Recherche du temps perdu» ou de «Martine à la ferme», et pourquoi pas? vos journaux. Très belle lecture à toutes et à tous.
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