19.06.2026 à 14:57
Un cimetière de baleines vieux de 5,3 millions d’années découvert au fond de l’océan Indien
Texte intégral (1472 mots)
Dans le sud-est de l’océan Indien, une équipe de chercheurs a découvert un vaste cimetière de baleines vieux de plus de 5 millions d’années. Avec près de 500 fossiles recensés, il constitue l’un des plus importants sites de ce type jamais identifiés dans les grands fonds.
Lorsqu’une baleine meurt, un phénomène naturel très particulier peut se mettre en place. Sa carcasse peut flotter quelque temps à la surface, attirant requins et autres prédateurs. Puis, à mesure qu’elle se décompose, elle commence à couler, traversant la colonne d’eau jusqu’à se déposer sur les fonds marins, où les charognards des profondeurs viennent s’en nourrir.
Les observations scientifiques de ces « chutes de baleines » restent rares et fragmentaires. Pourtant, une équipe de chercheurs dirigée par Xiaotong Peng, de l’Académie chinoise des sciences, a découvert une vaste et ancienne nécropole de baleines dans la zone de fracture Diamantina, dans le sud-est de l’océan Indien.
Ce site, décrit dans une nouvelle étude publiée dans Nature, remonte à plus de cinq millions d’années. Il constitue l’un des écosystèmes liés aux « chutes de baleines » les plus profonds jamais découverts dans le monde.
Une découverte colossale au milieu de l’océan
Lors d’une mission de plongée menée en février 2023 à bord du submersible Fendouzhe, les scientifiques ont découvert d’importants amas de squelettes et de fossiles de baleines, partiellement enfouis dans les sédiments des fonds marins.
À la suite de cette première découverte, l’équipe a effectué 32 autres plongées au cours du mois suivant afin de cartographier l’étendue de cette nécropole. Celle-ci s’étendait sur environ 1 200 kilomètres le long du plancher océanique, à des profondeurs comprises entre 4 200 et 7 000 mètres. Les chercheurs y ont recensé 476 fossiles de baleines ainsi que cinq « chutes de baleines » récentes.
Ces « chutes de baleines » grouillaient d’étranges créatures, parmi lesquelles des méduses, des ophiures et des vers foreurs d’os, dont beaucoup pourraient être des espèces encore inconnues de la science, selon les chercheurs.
Parmi les 43 fossiles récupérés, l’équipe a identifié cinq espèces de baleines à bec, dont la baleine à bec d’Andrews (Mesoplodon bowdoini) et la baleine à dents en lanières (Mesoplodon layardii), deux espèces connues pour fréquenter cette région, ainsi qu’une espèce de baleine à fanons : le rorqual de Rudolphi (Balaenoptera borealis).
La découverte la plus importante est celle d’un petit rorqual antarctique mort, long de cinq mètres, que les chercheurs ont identifié grâce à la forme caractéristique de son os de l’oreille ainsi qu’à des analyses génétiques. L’équipe a également identifié une nouvelle espèce de baleine aujourd’hui éteinte, baptisée Pterocetus diamantinae.
La datation isotopique, qui repose sur la désintégration d’isotopes radioactifs, a révélé que les fossiles les plus anciens du site remontent à environ 5,3 millions d’années.
La forte concentration de restes de baleines dans cette région soulève une question : comment un tel cimetière s’est-il formé ? Selon les auteurs de l’étude, l’explication tient probablement à la topographie en forme de V de la zone de fracture Diamantina, qui canalise les carcasses vers le fond marin, ainsi qu’au fait que de nombreuses espèces de baleines à bec plongeant à grande profondeur sont connues pour fréquenter cette partie de l’océan.
Un rappel de l’immensité de notre ignorance
Ces travaux approfondissent notre compréhension des chutes de baleines et des écosystèmes extraordinaires qu’elles soutiennent. Ils enrichissent également nos connaissances sur les baleines à bec, des espèces vivant généralement au large des côtes, capables de plonger régulièrement jusqu’à un kilomètre de profondeur et de retenir leur souffle pendant plus d’une heure.
La découverte de fossiles vieux de cinq millions d’années offre une fenêtre évolutive sur l’histoire des baleines à bec, depuis le Pliocène jusqu’à aujourd’hui.
Cette recherche constitue aussi un rappel salutaire de tout ce que nous ignorons encore des profondeurs océaniques : lorsqu’on part à la recherche de quelque chose, on peut le trouver… mais aussi découvrir bien davantage que ce que l’on espérait.
Vanessa Pirotta ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
19.06.2026 à 13:05
Comment le génie de George Sand a été minimisé par l’histoire littéraire
Texte intégral (2270 mots)

Rares sont les écrivaines qui furent aussi célèbres que George Sand de leur vivant. Autrice de plus de 90 œuvres, de plus de 400 articles, de milliers de lettres, connue dans toute l’Europe, la « bonne dame de Nohant », née Aurore Dupin, ne peut être effacée de l’histoire littéraire du XIXᵉ siècle. Mais son apport a tout de même été largement atténué par la critique. Elle n’a été réhabilitée que dans les années 1970-1980, par le biais des études féministes.
L’année 2026 marque le cent cinquantième anniversaire de la mort de George Sand (1804-1876). La relire, c’est redécouvrir son apport artistique et intellectuel, mais aussi comprendre comment le génie féminin a été systématiquement dénié par un canon littéraire reléguant les femmes à la portion congrue.
Quand on ne peut nier une autrice reconnue, il reste une solution pour en effacer l’importance : minimiser son apport. Joanna Russ répertorie ces techniques dans Comment torpiller l’écriture des femmes ?.
Une femme scandaleuse ? Non, un bourreau de travail et une amie fidèle
L’exposition « Caricaturer George Sand. De la satire à l’égérie républicaine », qui se tient en ce moment aux Archives départementales de l’Indre déplie toute l’ampleur des attaques et des caricatures qu’elle a subies au cours de sa vie.
Pour Baudelaire, Nissart ou les frères Goncourt,
« Le génie est mâle. L’autopsie de Mme Stael ou de Mme Sand aurait été curieuse : elles doivent avoir une construction un peu hermaphrodite. »
Le pseudonyme d’Aurore Dupin, « George Sand », est né d’une stratégie d’éditeur. Son premier roman, écrit avec Jules Sandeau, Rose et Blanche : ou la comédienne et la religieuse (1831) connaît le succès. Il est signé J. Sand pour un « Jules Sand » inventé de toutes pièces. Pour les écrits qu’elle produit seule, ils créent le pseudo George Sand. George signifie étymologiquement « celui qui travaille la terre », et George Sand est une grande travailleuse, aimant la terre.
L’autrice se fait remarquer en portant parfois le pantalon alors interdit aux femmes, et en fumant comme ses amis écrivains. Divorcée et indépendante, elle gagne sa vie dans un monde d’hommes. Elle écrit la nuit, en fumant et en buvant du café.
« Le cigare et le café ont pu seuls soutenir ma pauvre verve à 200 francs la feuille », déclare-t-elle.
La presse s’intéresse à ses relations avec des célébrités – l’actrice Marie Dorval, Alfred de Musset à Venise, Frédéric Chopin à Majorque –, et condamne la femme volage. Il est moins souvent question de son soutien professionnel à Musset à qui elle offre le canevas de sa pièce historique devenue Lorenzaccio, ou de Chopin malade qu’elle soutient et de leur commune passion de la création.
Après une enfance divisée entre une grand-mère d’origine aristocrate, un père révolutionnaire et une mère couturière, elle fut une épouse malheureuse, trompée par un mari buveur et joueur. Sand se bat pour obtenir le divorce et la garde de ses enfants. Les « injures, sévices et mauvais traitements » reconnus par la justice lui permettent de gagner son procès. Infatigable, elle écrit dans les journaux, publie ses romans tout en gérant sa maison. Elle accueille à Nohant (Indre) Delacroix, Chopin, Balzac, Flaubert, faisant de sa maison une résidence d’artistes.
À l’image de l’utopie socialiste du phalanstère de Charles Fourier, sa maison est un « familistère » qui abolit les hiérarchies domestiques. Elle réunit artistes et paysans autour d’une vie coopérative, dans les années 1840, testant la garde partagée des enfants, l’éducation pour tous, éduquant sa servante Marie.
Bien sûr, avec ses limites. Lorsque son fils met enceinte la servante, celle-ci doit quitter la maison.
On évoque peu la relation amoureuse stable qu’elle vécut à la fin de sa vie pendant quinze ans avec Alexandre Manceau (1817-1865), graveur de treize ans plus jeune qu’elle, avec lequel elle a voyagé en Italie, en Auvergne, et vécu heureuse à Gargilesse, dans la vallée de la Creuse. Le Dernier Amour (1867) est écrit en mémoire de Manceau.
Présenter systématiquement George Sand comme scandaleuse visait à empêcher que d’autres la prennent pour modèle.
Une autrice de romans sentimentaux ? Non, une écrivaine féministe
En décrivant Sand comme l’autrice de romans sentimentaux, on réduit l’enthousiasme des lectrices pour celle qui a dénoncé dès son premier roman (Indiana, 1832) la condition des femmes dans le cadre du mariage et les violences patriarcales.
Dans la Mare au diable (1846), elle privilégie une peinture positive des paysans, contre les stéréotypes misérabilistes. Néanmoins, elle aborde le harcèlement sexuel de la petite Marie que son patron fermier tente de violer et poursuit à cheval.
Dans Mauprat (1837), c’est la brutalité des hommes qui complotent un guet apens et un viol collectif qui est relaté. Dans le Secrétaire intime (1834), elle évoque le dénigrement constant des femmes en politique à travers la princesse Quintilia, une dirigeante d’exception qui est constamment la cible d’insultes sexistes. Avec Consuelo (1842-1844), elle fait le portrait d’une grande musicienne dans l’Europe du XVIIIᵉ siècle, égale des hommes, jalousée pour ses qualités. Dans André (1835), c’est le droit des filles à l’instruction, avec une grisette de talent qui s’éveille à la culture, mais une grisette cultivée n’a pas de place dans la société.
Elle est aussi l’autrice d’essais comme son Essai sur le drame fantastique. Goethe – Byron – Mickiewicz (1839), largement invisibilisé par rapport à ceux de Walter Scott ou de Charles Nodier sur le même thème. Journaliste, elle contribue à créer des titres de presse, tel l’Éclaireur de l’Indre en 1843 ou la Cause du peuple en 1848. Elle écrit plus de 400 articles pour les périodiques les plus variés (la Revue des deux mondes, l’Illustration, le Courrier français…), sur tous les sujets : l’art, la peinture, la musique, la philosophie, la société, de façon très moderne. La série « Autour de ma table », commandée par [Delphine de Girardin](https://essentiels.bnf.fr/fr/article/1e637096-1316-40ff-b852-e27722410501-delphine-girardin-salonniere-et-chroniqueuse#:~:text=Delphine%20de%20Girardin%20(n%C3%A9e%20Delphine,le%20fondateur%20de%20La%20Presse.), évoque la variété des débats qui ont lieu chez elle.
Une romancière rustique ? Non, une femme politique engagée
Engagée pour le peuple, et notamment celui de sa région du Berry, socialiste, elle défend la république en 1848. Elle prône la solidarité des femmes et des ouvriers, soutient et conseille les poètes prolétaires combattant avec passion pour l’égalité. Des journaux féministes la présentent comme une candidate politique, mais elle refuse – le droit de vote des femmes n’est pas son combat. Elle est déjà caricaturée en « cigogne politique » en 1848, à la suite de son engagement dans la vie publique, et dérange beaucoup en partageant ses réflexions politiques.
Marcheuse infatigable et cavalière, elle est aussi une pionnière de l’écologie, engagée pour défendre la forêt. En 1872, alors que le gouvernement d’Adolphe Thiers projette de supprimer une partie de la forêt de Fontainebleau, elle écrit un plaidoyer de 12 pages faisant appel à la biologie, à la géologie, à l’entomologie ainsi qu’aux sciences de l’ingénieur demandant l’abandon du projet, publié successivement dans le journal le Temps (en 1872) sous le titre « La forêt, plaidoyer pour les arbres » puis repris dans son recueil Impressions et souvenirs en 1873.
Elle écrit ainsi :
« Irons-nous chercher tous nos bois de travail en Amérique ? Mais la forêt vierge va vite aussi et s’épuisera à son tour. Si on n’y prend garde, l’arbre disparaîtra et la fin de la planète viendra par dessèchement sans cataclysme nécessaire, par la faute de l’homme. »
Lanceuse d’alerte, elle participe à créer une des premières réserves naturelles.
Quand certains la verraient bien à l’Académie française, elle rédige « Pourquoi les femmes à l’Académie ? » (1863).
Évoquant les barrières sociales limitant l’accès et la reconnaissance du savoir féminin, elle plaide pour l’ouverture des institutions littéraires aux femmes au nom de la liberté et de la justice. Dans son autobiographie Histoire de ma vie (1854-1855) un modèle d’auto-validation, elle invite toutes les femmes à quitter le silence pour donner leur propre vision du monde et de ce qu’elles sont vraiment :
« Écrivez votre histoire, vous tous qui avez compris votre vie et sondé votre cœur. »
Elle se fait photographier par le célèbre Félix Nadar choisissant elle-même son image pour la postérité.
Relire George Sand aujourd’hui revient donc à redécouvrir l’ampleur de son œuvre et à lui ôter les étiquettes réductrices apposées par une histoire littéraire écrite avec les biais de son époque. Le canon littéraire du XIXᵉ siècle s’est construit en privilégiant les récits masculins nationalistes, rejetant en marge le féminin et le régionalisme.
Rétablir le matrimoine consiste à remettre les femmes à leur place dans l’histoire des lettres et des sciences, mais aussi redonner toute leur envergure à celles dont on a voulu réduire l’aura. Ainsi, une pétition demande son entrée au Panthéon en 2026 aux côtés de ses amis Balzac et Hugo, qui saluaient son immense talent.
« Je pleure une morte, je salue une immortelle », disait Balzac tandis que Hugo, dans son éloge funèbre, vantait son génie :
« George Sand a dans notre temps une place unique. D’autres sont les grands hommes ; elle est la grande femme. Dans ce siècle qui a pour loi d’achever la Révolution française et de commencer la révolution humaine, l’égalité des sexes. »
Sandrine Aragon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
19.06.2026 à 12:35
Where do women feature in the history of diplomacy?
Texte intégral (3415 mots)

On June 24, the United Nations marks the International Day of Women in Diplomacy. The occasion invites us to celebrate the slow but visible increase of women in foreign ministries, embassies, and international negotiations. Yet it also prompts a deeper question: what counts as diplomacy, and who gets recognised as a diplomatic actor?
That question lies at the heart of the European funded research project TheoFem which explores the international engagements of Catholic laywomen in the decades following the Second World War.
By looking beyond formal diplomatic institutions, the project reveals how women and religion shaped international debates on social justice, development, education, and peace.
Rethinking diplomacy beyond embassies… and beyond secularity
When we think of diplomacy, we usually imagine state representatives, formal treaties, and closed rooms. This narrow definition has long contributed to women’s historical invisibility.
For a long time, diplomacy was seen as a male domain, closely associated with state sovereignty and dominant political cultures, including male religious authority. Against this background, multilateral diplomatic practice began to expand, first tentatively during the era of the League of Nations, and then more decisively with the creation of the United Nations, which formally opened diplomatic space to non‑governmental organisations and, by extension, to civil‑society actors.
Thus, if we shift our focus away from foreign ministries and towards NGOs and international organisations, a very different picture emerges. One in which women were present from the very beginning.
Women driven by deep religious motives often fall into a double blind spot in history
Religion has also largely been absent from standard histories of the early United Nations, which often present the organisation as a secular project. This omission obscures an important reality: the Cold War (1947-1991) itself was, in many respects, a religious conflict, with moral, spiritual, and ideological worldviews shaping international alignments, intelligence work, soft-power and development agendas. This dimension of religion in politics and everyday life resonates today with broader debates on religion and democracy.
Women driven by deep religious motives often fall into a double blind spot in history. They appear either too confessional for secular narratives, or they are silenced, tamed, or misunderstood in official religious accounts.
Their absence from official stories reflects both Laurel Thatcher Ulrich’s observation that “well‑behaved women rarely make history” and a phenomenon that Joan Scott has described as sexularism: the assumption that the promotion of gender equality belongs only to the secular sphere.
Complex dynamics continue to shape women’s relationships with religion, governability and institutions today, as shown by recent discussions on women influencing male-led faiths, debates surrounding the Vatican Synod and women’s participation but also the role of indigenous women and spirituality in diplomacy.
From the home to the world at large
The end of World War II marked a turning point for the advancement of women’s rights and activism. As the Cold War intensified and decolonisation advanced, societies across the world underwent profound transformations. In Europe, the rise of welfare states and the reconstruction of social systems created new professional needs, particularly in areas traditionally, and stereotypically, associated with women: education, health, and social work. At the same time, as new independent or decolonising nations required educated local elites, including women, to fill roles previously occupied by colonial administrations.
In this context, women were increasingly framed as “experts” in social and moral issues. Women leaders in International Catholic Organisations, in particular, mobilised a language of service, responsibility, and care that made their public engagement appear both legitimate and necessary. They became key intermediaries in these processes: connecting local actors to global debates on development and justice, while also participating as delegates, observers, experts, and presidents of international organisations that kept the Vatican informed on global issues.
A gender sensitive reading of diplomacy
Recovering these histories requires a gendersensitive approach to archives and historical silences. Official institutional records, whether in Vatican, institutional or governmental collections, tend to emphasise hierarchy and male leadership, often presenting women as auxiliary or marginal figures.
By combining these sources with personal papers and correspondence, and by reading them ‘against the grain’, we can reconstruct how women actually exercised agency: how they made decisions, built networks, and influenced international discussions, notably during the Cold War, when gender became a central concern.
Catholic women at the birth of the United Nations
Although it may sound surprising, Catholic laywomen were among the earliest non-governmental actors present at the United Nations’ founding conference in San Francisco in 1945.
One of them was Catherine Schaefer, who went on, in 1946–1947, to become the director of the Catholic information office at the United Nations in the United States. In Geneva, Jadwiga de Romer headed its European counterpart. Other leading figures included Christine de Hemptinne, Maria Baers, Françoise de St Maurice, Pia Colini-Lombardi, Marga Klompe, Barbara Ward and Alba Zizzamia.
Most of these women belonged to, or collaborated with, the World Union of Catholic Women’s Organisations (WUCWO), which at the time claimed to represent 36 million women worldwide.
WUCWO was one of the first two International Catholic Organisations to gain consultative status with the UN, including ECOSOC (1947) and UNESCO (1948), and later UNICEF (1952) and FAO (1953). Far from being marginal observers, these women were embedded in the emerging architecture of global governance, including the history of the UN Commission on the Status of Women.
Humility as a strategy
One of the most striking findings of the TheoFem project is that women’s apparent modesty often concealed a sophisticated diplomatic practice.
Many Catholic laywomen adopted a rhetoric of humility, obedience, and service, values strongly promoted by Church discourse at the time. They learned to operate within respectable limits, while quietly and effectively pushing those boundaries outward. There was often a gap between what was officially permitted and what women actually did on the ground, as they often had to rely on more pragmatic and ad hoc methods to advance their agendas. In this sense, religion simultaneously reinforced conservative gender norms while also furnishing moral vocabularies and institutional spaces that women strategically mobilised to articulate claims for social and gender justice.
Why this history matters today
On a day dedicated to women in diplomacy, looking back matters. First, because it allows us to recognise overlooked pioneers. As the work of Patricia Owens has powerfully shown, women did not wait passively to be admitted into international relations, a point that can be extended to the worlds of international organisations and diplomacy. An important number of women who shaped international practices were often publicly recognised in their own time, yet many of their contributions have not endured in historical accounts. Revisiting these histories gives us critical tools to question which forms of diplomatic action are recognised, valued, and remembered today.
Second, looking back matters because today’s debates on gender parity, representation, and inclusion are shaped by long and diverse histories and lived experiences, often involving creative, indirect, or less confrontational forms of resistance. By acknowledging the diplomatic work carried out by women (including the complex lives of women of faith, long and simplistically dismissed as submissive or apolitical) we can broaden our understanding of diplomacy itself. This matters all the more as women around the world continue to frame their engagement and activism in complex ideological, religious and spiritual terms. This perspective is particularly important when considering women in the Global South, whose engagement in international relations has often been shaped by faith, spirituality, and moral authority, and whose forms of political action rarely fit secular or state‑centred models of diplomacy.
Re‑examining the history of diplomacy and international organisations through the lenses of gender and religion is therefore essential, not only to recover forgotten actors, but to better understand how international politics has actually been practised.
A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!
Natalia Núñez-Bargueño a reçu des financements du programme Horizon Europe de l’Union européenne, dans le cadre des Actions Marie Skłodowska‑Curie (MSCA) – Postdoctoral Fellowships, pour le projet TheoFem (grant n° 101108049).